Jahmuzic

Jahmuzic
Le reggae est apparu à la fin des anes 1960, il est lvolution du ska et du rocksteady, trouve ses racines dans la musique traditionnelle carienne comme le mento et le calypso, mais est aussi très influencé par le rythm&blues, le jazz et la soul music (la musique américaine est alors ts en vogue en Jamaïque). A ces influences s'ajoute celle du mouvement rasta et des chants nyahbinghi, qui utilisent les Burrus africains (tambours) apportés par les esclaves en Jamque. Ce métissage ne s'arrêtera pas là, aujourd'hui nombre de styles s'inspirent, ingrent ou reprennent le style reggae, de par le monde. Le reggae est aujourd'hui une musique universelle, comme le souhaitait son principal ambassadeur, Bob Marley .
# Posté le samedi 12 août 2006 08:45
Modifié le samedi 01 septembre 2007 09:55

Bob Marley : Mister Music

Bob Marley : Mister Music
--BIOGRAPHIE:
Robert Nesta Marley naît le 6 février 1945 à St-Ann, dans
la paroisse de Nine Miles. Fils d'un capitaine blanc de la marine parti une fois son forfait commis et d'une paysanne jamaïcaine noire, il découvre la difficulté d'être métisse, pris entre deux mondes qui s'ignorent. Adolescent, il quitte la campagne pour Kingston, comme beaucoup de jamaïcains que la misère poussent vers les villes. Pourtant, le travail y est rare et Bob vit à Trenchtown, sordide ghetto où se concentrent la pauvreté, le crime et la crasse, dans une promiscuité bien peu poétique au premier abord. Là, il rencontre Bunny Livingston, puis Peter Mackintosh, comme lui passionnés de musique. Peter joue un peu de guitare et les trois amis chantent les tubes de Rythm'n'Blues entendus sur les radios de Miami.

Bob Marley enregistra son premier morceau, Ju
dge not, à 16 ans, en 1961. Une industrie musicale commençait à se développer à Kingston, de façon désordonnée. Le taux de chômage était alors de 35 %. Il venait de laisser tomber son job de soudeur. Judge Not passe inaperçu mais Bob persiste. En 1964, il forme les Wailing Wailers avec Peter Tosh et Bunny Wailer. Bientôt, ils signent un contrat avec le Studio One, le label de Clement "Coxsone" Dodd. Leur premier titre, Simmer Down, sera le tube de 1961 en Jamaïque. Devenus les Wailers, ils travaillent avec Leslie Kong, puis avec Lee "Scratch" Perry. A chaque fois la collaboration est fructueuse sur le plan artistique mais décevante sur le plan financier. En Jamaïque, les droits d'auteurs ne signifient pas grand chose, et même les chanteurs à succès ne parviennent pas, alors, à vivre de leur production. Les Wailers ne perçoivent que très peu d'argent tout en étant d'énormes vedettes locales. Cheveux courts, costumes chics, les Wailers jouent du ska et du Rock Steady. La compétition, alors, est rude. Pour beaucoup de jeunes du ghetto, la musique constitue un espoir de sortir de la misère. En 1971, la chanson Trenchtown Rock cartonne dans toute l'île.
Jusqu'en 66, d'ailleurs, la
musique de Bob Marley reposait encore pour une très large part sur cette glorification du style de vie urbain des voyous jamaïcains. De Rude boy à Steppin' razor, l'hymne des caïds de Kingston chanté par Peter Tosh, en passant par Rule them ruddy ou I'm the toughest (aussi chanté par Peter, et repris par une foultitude d'artistes, dont Johnny Clarke et I-Roy), le jeune Marley assumait le style 'rocker' pour épater la galerie. Il faut attendre sa rencontre avec Mortimo Planno, figure tutélaire du mouvement rasta à Kingston, pour que Bob se laisse pousser les dreads et laisse tomber les bracelets cloutés. Peu après, Vernon Carrington – "Gad the prophet" pour les Rastas et fondateur de l'Eglise des 12 tribus d'Israël – poursuivit l'éducation spirituelle de Bob Marley, bien que la star se défendra plus tard d'avoir eu besoin de quiconque pour trouver sa voie (c'est bien naturel) :
"You have to look inside
yourself to see rasta. Every Black is a rasta, dem only have to look inside themselves. No one had to tell me. Jah told me himself. I and I look inside I self and I saw Jah Rastafari".

Gad révéla donc à Bob l
e secret des 12 tribus d'Israël, selon lequel chaque personne appartient à une de ces tribus en fonction de son mois de naissance. Pour Bob, c'est clair, il est né en février, donc il appartient à la tribu de Joseph. D'ailleurs, dans Redemption song, Bob se présente comme la réincarnation de Joseph, fils de Jacob : "but my hand was strenghtened by the hand of the almighty".

A la fin des années 60,
les Wailers devinrent le premier groupe jamaïcain populaire à faire de la philosophie et des rythmes rastas le fondement de leur musique. Les Wailers avaient accompli un chemin musical et spirituel d'envergure, donnant naissance à un mouvement culturel original et infléchissant l'évolution du reggae comme aucun autre artiste. Depuis un titre comme Simmer down, (1964, morceau écrit par Bob Marley et enregistré au Studio One) où le jeune Bob Marley s'époumone sur un beat très ska avec un chorus reprenant le refrain, le groupe a imprimé une marque indélébile à cette musique.

"
I and I are of the house of David. Our home is Timbuktu, Ethiopia, Africa, where we enjoyed a rich civilization long before the coming of the Europeans. Marcus Garvey said that a people without knowledge of their past is like a tree without roots".

Bientôt, la plupart des stars du
reggae devinrent rastas et, en retour, le reggae devint le principal vecteur d'expression de la culture rasta et de ses revendications. Des chanteurs comme Marley devinrent plus que des amuseurs. Ils étaient des révolutionnaires (revolutionnary workers) et des représentants des pauvres de Kingston, chez qui leur message arrivait par la radio, comme dans tous les foyers de l'île.

"Them belly full but we hungry/ A hungry mob is an angry mob/ A rain a fall but the dirt is tough/ A pot a cook but the food no' nough".

Par ces mots simples chantés avec une vo
ix squelettique, Marley diffusa au sein du peuple jamaïcain des éléments de conscience politique. Il s'en prit au système raciste (skinocratic system) de la Jamaïque, qui plaçait les blancs en haut de l'échelle sociale, les mulâtres au milieu et les noirs en bas. Dans Crazy baldhead, il chante :

"Didn't my people before me/ Slave for this country/ N
ow you look me with a scorn/ Then you eat up all my corn".

En 67, Marl
ey cessa d'enregistrer, quitta Kingston et retourna dans son village natal de St. Ann mountain. Dans ces collines, il conclut son engagement envers Jah Rastafari, donnant une inclinaison définitive à sa vie, à sa musique et au mouvement rasta lui-même. Pendant un an, Bob adopta le style de vie rasta. Lorsqu'il revint à Kingston à la fin de 68, il s'engagea dans le combat musical grâce auquel il demeure célèbre. Ironie du sort, Marley s'était isolé au moment où le monde changeait, où la jeunesse exprimait son ras-le-bol et son désir de nouveauté, comme si cet isolement avait été nécessaire, au milieu de la fureur, pour venir proposer aux masses occidentales une nouvelle spiritualité.

Les premi
ères chansons à connotation religieuse de Bob Marley parurent en 1968. Il s'agit de Selassie I is the temple, Duppy conqueror, Small axe et Trench town rock.

Pour Marley comme pour de nombreux rastas, les noirs
sont une tribu perdue d'Israël. Ils se considèrent comme les véritables Hébreux et tiennent les occupants actuels d'Israël pour des imposteurs.

Bien que certains rasta extrémistes (secte Nyabinghi) considèrent
qu'il faut tuer l'oppresseur blanc, tous les rastas refusent de porter les armes. Comme l'explique Bongo-U, un guérisseur rasta de Montego Bay, "La violence est laissée à Jah. Seul Dieu a le droit de détruire". Les Rastas croient à la force spirituelle et au pouvoir des éléments : tremblement de terre, le tonnerre, l'éclair. Selon le précepte biblique, les Rastas s'interdisent de manger lorsque d'autres meurent de faim. Ils vivent en communauté, partageant leurs biens et s'échangeant des services.

Au milieu des années 60, lorsque la violence connut de nou
velles flambées dans les ghettos de Kingston Ouest, la police et le gouvernement s'en prirent aux Rastas, brûlant leurs maisons et les mettant à la rue. Au plus fort de la répression, les forces de police détruisirent le quartier de Black o' wall, un endroit du bidonville où vivaient de nombreux rastas, dans des cabanes faites de bois et de tôle. A l'aube, alors que la population dormait, les policiers arrivèrent à la tête d'un convoi de bulldozers pour raser l'endroit. Dans la panique, beaucoup de femmes, d'enfants et d'hommes furent blessés et nombreux furent arrêtés. Ces épisodes inspirèrent un grand nombre de reggaemen, qui trouvaient là matière à actualiser leur combat contre l'oppression, contre l'injustice et contre Babylone, ancrant le reggae dans une réalité politique, géographique et sociale particulièrement passionnée.

N
aturellement, la répression dont était victime le mouvement rasta, loin de l'affaiblir, renforçait sa popularité. Ses effectifs continuèrent d'augmenter tandis que le style rasta imprégnait désormais toute la société jamaïcaine. A l'étroit dans les villes, les Rastas historiques encouragèrent bientôt les jeunes à développer des communautés à la campagne, loin du "shitstem" (= système de merde). Les Rastas ont une culture de l'autonomie, fondée sur la pêche, la culture et l'artisanat. Cet appel à déserter Babylone se traduisit par une profusion artistique, les peintres, les sculpteurs sur bois et tous les autres Rastas doués d'un quelconque talent se mettant à transformer de nombreux endroits de l'île – à commencer par Kingston – en un lieu d'exposition et de méditation autour d'objets et de compositions de toutes sortes. Ce dynamisme culturel attire aujourd'hui un grand nombre de touristes sur l'île. Néanmoins, le principal impact de ce mouvement concerne le reggae, vers lequel affluèrent un grand nombre de jeunes dés½uvrés, auparavant engagés dans des bandes et cherchant désormais à gagner leur vie et à développer leur talent dans la musique. Un type comme Dillinger est représentatif de cette mouvance des "rude boys" transformés en reggaeman – certes survolté – par l'influence des communautés rastas.

En
72, durant les mois qui précédèrent les élections, le Premier Ministre Hugh Shearer, leader du Jamaican Labour Party, décide d'interdire la diffusion des chansons rastas à la radio. Ces efforts étaient dérisoires, le reggae étant partout dans l'île, un marché noir très animé s'étant même développé à l'occasion de cette interdiction. Le JLP fut d'ailleurs défait cette année là, tandis que Michael Manley, leader du People's National Party, devenait Premier Ministre. Bien que Marley se défendait de faire de la politique ("Me no sing politics, me sing bout freedom"), il devint de facto une force électorale avec laquelle il fallait compter. Les deux camps eurent l'occasion de le récupérer (en le citant) ou de le poursuivre en justice.

[pour en savoir plus sur cette période, li
re l'article sur Max Romeo]

Comme les Rastas
sont en contact direct avec Dieu – ils lisent au moins un chapitre de la Bible chaque jour – ils n'ont pas besoin d'intermédiaires. De là le rejet de tous les systèmes, qu'ils soient politiques, commerciaux ou administratifs. De même, le mouvement ne peut pas avoir de clergé ni de leader.
En 72, alo
rs que les Wailers travaillent sur une musique de film pour Nash en Angleterre, celui-ci les laisse en plan, partant aux États-Unis pour la promo d'un de ses disques. Les Wailers sont au bout du rouleau : Peter et Bunny ne supportent plus la grisaille londonienne, et veulent rentrer au pays. Déprimés et fauchés, les Wailers sont au point de rupture, lorsque Bob décide d'aller voir Chris Blackwell, le patron d'Island, une toute jeune maison de disque. Fils d'une famille de planteurs jamaïcains, élevé sur l'île et fan de ses musiques populaires, Blackwell connaît évidemment les Wailers. Il les engage, leur concède une avance et se montre pressé d'entamer une collaboration prometteuse.
Bob Marley
et les Wailers éditeront une dizaine d'albums chez Island. Tous furent disques d'or (500 000 albums vendus) en Europe et au Canada. Deux furent disques d'or aux États-Unis (Rastaman Vibration et Uprising).
A la fin des années 70, Bob apprend qu'il est malade. Atteint d'un cancer, il sait qu'il ne lui reste plus beaucoup de temps à vivre. Il décide de poursuivre son ½uvre, soucieux d'exploiter au mieux le laps de temps dont il dispose, pour aider ceux qu'il a toujours défendus.

En
78, la délégation sénégalaise aux Nations-Unies attribua à Bob Marley la médaille de la paix dans le tiers-monde (Third World peace medal) en remerciement de son influence en tant qu'artiste au service de la révolution. Pour le Zimbabwe, Marley organisa un concert au Boston' Harvard Stadium afin de récolter des fonds pour la nouvelle Nation.

Lorsqu'
il rentre d'Harare, où les Wailers viennent de donner un concert en l'honneur de l'indépendance du Zimbabwe, le 18 avril 1980, Bob sait qu'il est en phase terminale. Il travaille comme un lion pour mettre au point le journal de Tuff Gong, son studio d'enregistrement. Il le baptisa Survival et, malgré l'approche mystique et les passages consignant "les enseignements de Sa Majesté", le journal de Marley faisait l'effort de toucher les jeunes. Bob Marley termina sa vie en prenant soin d'aider durablement les causes pour lesquelles il avait lutté. Il céda les droits d'auteur de certaines chansons à une Fondation dont l'objectif était d'aider les enfants du ghetto à s'alimenter correctement (the Hunger project). Il laissa aussi un Testament en faveur de la cause africaine :

"I and I made our contribution to the freedom of Zimbabwe. When
we say Natty going to dub it up in a Zimbabwe, that's exactly what we mean, " give the people what they want " Now they got what they want do they want more ? " Yes ", the Freedom of South Africa. So Africa unite, unite, unite. You're so right and let's do it."

En septembre 80,
Bob Marley donne son dernier grand concert au Madison Square Garden de New-York, devant 20 000 personnes. Le jour suivant, il est pris d'un malaise alors qu'il court un jogging dans Central Park. Quelques jours après, il a un nouveau malaise, cette fois lors d'un concert, à Pittsburgh, au cours de ce qui devait s'avérer être son dernier show. Bob lutta plusieurs mois contre la maladie, un cancer du cerveau, dans la clinique du Dr. Joseph Issel, en RFA. Il mourut le 11 mai 1981 à Miami, au cours d'une escale alors qu'il rejoignait la Jamaïque pour y vivre ses derniers instants. Il avait 36 ans. Il fut enterré dans un caveau à St. Ann, près de la maison familiale, par sa femme, Rita, qui l'embauma comme les Égyptiens et les Africains le faisaient pour leurs rois.

S
a mort fut ponctuée de célébrations divers. Le mercredi 20 mai fut un jour de deuil national. Une cérémonie officielle eut lieu au Stade national, en présence de Sir Florizel Glasspole, le gouverneur général, de Michael Manley, le leader de l'opposition, et d'Edward Seaga, le premier ministre. Ce dernier annonça l'érection d'une statue en l'honneur de Bob Marley, la première du genre, dans le Jamaica Park. Il conclut en disant "May his soul find contentment in the achievment of his life and rejoice in the embrace of Jah Rastafari". A ce moment, les milliers de Rastas venus rendre un dernier hommage à leur prophète acclamèrent Jah en reprenant en ch½ur "Rastafari ! Rastafari !". Dans la mort, la société officielle reconnaissait finalement Marley et son Dieu.

Agacés par cette forme de récupération, les Wailers poussèrent les barrières de police, prirent le cercueil dans lequel reposait Bob Marley et l'embarquèrent sur une camionnette. Ils partirent, suivis par un cortège incroyable, fait de bus, de voitures, de motos, de vélos et de gens courant derrière cette procession motorisée qui s'enfonçait dans le c½ur de la Jamaïque, en direction des montagnes natales de Bob. Edward Seaga, décidé à ne pas se laisser écarter de l'événement, se fit transporter par hélicoptère jusqu'au temple qui devait accueillir la dépouille. Ce faisant, il arriva avant tout le monde, évitant le trajet sous le soleil, au milieu de la foule. La cérémonie eut lieu dans le plus grand désordre, une foule de plus de 10 000 personnes priant et chantant pour le départ du Dieu du reggae, tandis que les forces de police, à cheval, faisaient mine de vouloir ramener un ordre que personne n'entendait troubler.

--DISCOGR
APHIE:
La discographie de Bob Marley et des Wailers est impressio
nnante.
Alors que les radios FM épuisent leurs auditeurs en passa
nt constamment
la dizaine de titres archi-connus de l'artiste, so
uvent les plus pop, des centaines de morceaux furent composés et interprétés par les Wailers. La liste présentée ici comporte les principaux albums, mais elle ne saurait être exhaustive. Les Wailers ont laissé des traces de leurs créations un peu partout. L'album Cobra Style de Familyman, l'époustouflant bassiste qui accompagna un temps les Wailers, comprend par exemple un Dub puissant du trio, Distant Drums, où Bob, Peter et Bunny jouent des percus sur un rythme lourd et faussement lent.
Pour être complets, il f
audrait en outre citer toutes les reprises dont l'oeuvre des Wailers fit l'objet.
On emprunta beaucoup à Bob Marley. Clapton conn
ut par exemple un gros succès avec I shot the sheriff.
Johnny Na
sh profita quant à lui de Stir it up et de Guava jelly.

--Les ci
nq premiers albums présentés dans cette discographie appartiennent à une époque lointaine, les sixties.
Bob, Bunny et Peter porta
ient un costard et des lunettes noirs. Ils avaient les cheveux courts, ne fumaient pas en public et jouaient des rythmes alertes pour faire danser les Jamaïcains dans les sound-systems.
A cette
période, les Wailers passent du ska au rock-steady, chantant l'amour et les rude boys de Kingston.

-One love at studio One

-The
Wailing Wailers at Studio One

-Early music

-Birth of a legend

-African herbsman
Sorti sur le label Trojan Records, African her
bsman est un album produit en collaboration avec Lee Perry.
Prem
ière création 'rasta' des Wailers, African Herbsman ne contient que des tubes devenus des standards du reggae roots, comme 400 years, Kaya, Fussing and fighting ou Sun is shining.

-Catch a fir
e
Catch a fire, sorti en 1971, est le premier album issu de la co
llaboration entre les Wailers et Chris Blackwell.
Les ventes ser
ont limitées mais la critique élogieuse. Island positionne les Wailers comme des rockers plutôt que des reggaemen, travaillant les arrangements et le look de l'album en ce sens (un briquet figure seul sur une pochette dépouillée). Les titres de l'album, principalement composés par Bob, annoncent les thèmes clefs des Wailers pour les dix années à venir : la paix, l'unité, la justice sociale, la pauvreté, l'histoire des peuples africains.

-Burnin
Aprè
s Catch-A-Fire, Burnin est un album de transition pour Bob Marley et les Wailers.
Contraints d'entrer dans le moule promotionnel
pour se faire connaître, Bob,
Peter et Bunny enchaînent les tour
nées et les plateaux télé, séduisant les critiques occidentaux par leur travail.
L'album, enregistré en Jamaïque, intègre des ti
tres composés avec Lee Scratch Perry,
comme Small axe, et confir
me le talent d'auteur de Bob. Les thèmes rastas sont développés plus largement, tandis que l'usage des percussions s'étend, dans la tradition burru.
Sur la pochette Bob fume d'ailleurs un gros s
pliff, exprimant par cette pose provocatrice le credo rasta.
Pro
blème : des tensions apparaissent au sein du groupe ; Bob prend naturellement le leadership, encouragé par Chris Blackwell, tandis que Peter supporte mal de passer à l'arrière-plan et que Bunny exprime le désir de rentrer en Jamaïque. La campagne lui manque et la grisaille londonienne le déprime.
Peter et Bunny quitteront
bientôt le groupe, laissant Bob poursuivre sa carrière solo, éclatante et prolifique.
Burnin' marque le début de l'adhésion du g
rand public au reggae des Wailers, des titres comme Get up, Stand up ou I shot the Sheriff (bientôt repris par Clapton) devenant des tubes intemporels.

-Natty Dread
Premier album solo de Bob, N
atty Dread prouve qu'il est un grand artiste,
soucieux de pousse
r plus avant son engagement dans la cause rasta.
Les dreads ont
bien poussé depuis Burnin', et Bob commence à jouir d'une certaine notoriété depuis que la reprise par Clapton de I shot the Sheriff a attiré les projecteurs vers son compositeur.
Al Anderson, j
eune guitariste américain de Blues, rejoint l'orchestre qui soutient Bob,
toujours épaulé par les frères Barrett. Bob s'adjoint e
n outre un trio de choristes féminin, les I-Threes, formé de "Judy" Mowatt, Marcia Griffith et sa femme Rita Marley.
La pochette d
e l'album continue de mentionner les Wailers, même si la formation initiale a considérablement évolué.
Natty Dread fut un énorme s
uccès commercial et médiatique.
Bob s'éloigne du son roots et d
u Dub qu'affectionnaient les Wailers au temps des délires de Scratch ; l'orientation rock et blues de ses créations lui attache pour longtemps un public de fans à la fois large et fidèle.
No Woma
n no cry, tube sirupeux, ouvre à Bob les portes du star system. Demandé par tout le monde, désormais capable d'attirer en concert plusieurs milliers de personnes sur son nom, il transforme définitivement le reggae en un courant majeur de la musique contemporaine.

-Rastaman Vibration
Sur sa lancée, Bob Marley continue de d
évelopper le message rasta, élargie à des considérations tiers-mondistes.
Crazy Baldheads se moque des petits blancs tandis que W
ar, animé d'un souffle historique,
met en musique un discours d'H
aïlé Sélassié pronocé devant les Nations-Unies pour demander la libération totale de l'Afrique, du Zimbabwe à l'Angola en passant par l'Afrique du Sud.
Rastaman Vibration est la plus grosse ven
te de Bob de son vivant (les compilations dépasseront ensuite les albums originaux).
76, c'est aussi l'année des élections en Jam
ïque, et les affrontements entre les gangs du PNP et du JLP provoquent des bouffées de violence dans lesquelles Bob se trouve mécaniquement impliqué.
En septembre 76, il est victime d'un attenta
t à son propre domicile. Bob s'en tire avec une balle dans le bras et une autre dans la poitrine ; Rita, sa femme, est blessée à la tête. Don Taylor, le manager des Wailers, est gravement blessé. Bob décide de retourner s'installer en Angleterre. Il y restera deux ans.

-Exodus
Produit par Bob Marley et les Wailers. Island
, 1977.
Bob avait quitté l'atmosphère passionnée de la Jamïque po
ur trouver refuge en Angleterre.
Or, 77 est marqué par de multip
les troubles dans l'île, les punks de montrant décidés à foutre le bordel. Bob prête peu attention à ces mouvements, engagé dans son travail de création.
Exodus est une nouvelle réussite, due n
otamment aux arrangements conçus par Junior Marvin, un jeune guitariste dont Bob s'est attaché les services et qui marquera profondément la suite de la carrière des Wailers. L'album parvient à concilier des titres graves, mystiques et politiques avec des morceaux plus légers et plus romantiques. Avec Natural Mystic, Bob donne à entendre une vision panthéiste de sa relation au monde, à la nature et à Jah. Exodus, le titre éponyme, est un long morceau de 7 minutes 30 où Bob décline le thème de l'exil. Enfin, en terminant avec One Love, l'album s'ouvre sur une note d'espoir, encourageant les auditeurs à se montrer confiants dans l'avenir.
L'ave
nir, pourtant, prend une sale tournure à partir de cette date. Comme toujours, les Wailers se lance dans une méga-tournée internationale après la sortie de l'album. Ils sont désormais connus aux Etats-Unis, et leurs obligations enver un public qui n'en finit pas de s'étendre s'en ressentent. A Paris, Bob est victime d'un accident lors d'un match de foot contre une équipe de journalistes. Lors d'une visite chez le médecin, Bob apprend que son organisme contient des cellules cancéreuses. Contre l'avis de son entourage,
Bob refuse de se faire amputer de l'orteil, et met un terme
à la tournée. Désormais,
il vit avec le spectre de la maladie en
lui.

-Kaya
Sorti en 1978 chez Island, Kaya est un ensemble de c
hansons d'amour (comme Is this love ?) et de morceaux célébrant le mode de vie rasta (Kaya signifie herbe en argot rasta).
Composé
dans la perspective du One Love Peace Concert, cet album fut présenté au monde lors de la tournée internationale des Wailers en 1978. Certains fans ont pu critiquer l'album, considérant que Bob Marley devenait mou. Il est vrai que Kaya venait après Rastaman Vibration et Exodus.
Les Wailers ont souvent justifié cette paus
e : la situation était devenue trop dangereuse pour poursuivre dans la confrontation verbale. Il était devenu nécessaire de proposer aussi des chansons plus soft, moins combatives, pour ne pas suivre l'engagement dans la violence.
Les Wailers voulaient porter
la discussion sur le terrain de l'art de vivre, et continuer de séduire les fans occidentaux par des refrains simples et entraînants, qui continueraient de les faire adhérer à la cause rasta.
Edité à une occasion historique, Kaya mérite donc mieux qu'un sourire dédaigneux,
d'autant que les Wailers prouveront en 79 et 80
qu'ils n'ont rien perdu de leur mordant en éditant Babylon by bus puis Uprising, Survival et Confrontation.

-Survival
Survival,
c'est un message d'espoir apporté à l'Afrique à l'aude des années 80.
Bob a passé une bonne partie de l'année 79 à paufiner cet a
lbum, qu'il avait prévu d'appeler Black Survival. Par respect pour le public blanc qui l'a soutenu depuis le début, Bob optera pour un titre plus consensuel.
Entièrement composé de titres origin
aux, Survival est emprunt d'une ferveur militante, appelant à l'unité du continent africain. Plus qu'une consécration, Survival offre à Bob Marley un triomphe moral. Au-delà des disques d'or, le prophète rasta accède au statut de sage. Les Nations-Unies lui décernent la médaille de la Paix ; il est fait citoyen d'honneur de la Nouvelle-Zélande. Comme toujours, la sortie de l'album est suivie d'une gigantesque tournée internationale, du Japon aux Etats-Unis en passant par l'Europe et l'Australie. Bob affirme son statut de superstar.
Peu après cette tournée, Bob et les Wailers so
nt invités par le nouveau gouvernement du Zimbabwe, en reconnaissance du soutien apporté à la lutte pour l'indépendance.

-Uprisi
ng
Uprising, malgré son titre, marque une inflexion dans l'oeuvre
et le combat de Bob Marley.
Les Wailers se sont séparés de Don
Taylor après évoir découvert ses talents d'escroc
(le titre Bad
card lui sera d'ailleurs dédicacé). Le contrat qui les lie à Island touche à sa fin.
Bob se sait malade, et peine à se concentrer
sur son travail.
Au quotidien, les Wailers doivent résister aux
médias pour éviter d'être tranformés en bêtes de foire.
Sorti e
n 1980, Uprising est évidemment brillant, Could You Be Loved apportant une touche
disco étonnante et sautillante. Si l'écoute d'U
prising laisse un goût amer,
c'est sans doute parce que ses deux
derniers titres, Forever Loving Jah et Redemption Song constituent des chants d'adieu de Bob à son public. Au cours de la tournée mondiale qui suit la sortie de l'album, "Tuff Gong Uprising", Bob passera une dernière fois à Paris, au Bourget, devant cinquante mille personnes.
A New-York, Bob est victime d'un malaise au c
ours d'un footing.
Il décide de maintenir les dates de la tourné
e mais doit se résigner après un dernier concert, à Pittsburgh.
Il est alors admis dans un hopîtal de Miami. Après un passage en Suisse,
Bob décidera de rentre en Jamaïque pour y vivre ses dern
iers jours.
Il n'en aura pas le temps, décédant à Miami le 11 Mai
1981.

-Chances are
Album posthume sorti en 1981 sur le label W
EA, Chances are est le fait d'un petit malin,
Danny Sims, manager
des Wailers entre 1968 et 1972. L'album, plutôt médiocre, est
c
omposé de huit titres de cette époque, remixés précipitamment pour profiter de l'aubaine.
Il donne la mesure des multiples récupé
rations dont la dépouille de Bob fera l'objet.

-Confrontation
So
rti en 1983 chez Island, Confrontation est un album posthume qui surprend tout le monde.
Le disque réunit quelques titres sortis
exclusivement en Jamaïque dans les années 70, ainsi que des morceaux non retenus lors des enregistrements de Survival et Uprising, comme Buffalo Soldier. Les bandes ont été retravaillées par les Wailers, si bien que le public a vraiment l'impression que Bob est vivant, et qu'il sort un nouvel album..


--Il existe de nombr
eux albums live des Wailers. Parmi eux, on distingue deux chefs d'oeuvre, Live ! et Babylon by bus.

-Live !
Enregistré au Lyceum
Theater de Londres et sorti en 1975 sur Island, Live ! est un témoignage délirant de l'émotion dont les concerts de Bob Marley étaient empreints. L'échange entre Bob et son public est perceptible sur No Woman, No Cry tandis que les interprétations fiévreuses de Lively Up Yourself et Get Up, Stand Up démontrent les talents de performers de Bob, fou et emporté dans une transe mystique dans ses concerts enfumés.
Après cette tournée, Bob rentre en Jamaï
que pour composer de nouveaux titres et
lancer sa propre maison
de disque. Il est aidé en cela par Chris Blackwell, qui lui vend une grande maison, futur siège de Tuff Gong, au 56 Hope Road.

-
Babylon by bus
Enregistré à Paris, Copenhague, Londres et Amsterd
am en 1978, Babylon by bus est un live époustouflant sorti sur Island. Il constitue une révélation pour de nombreux groupes de rock, qui comprennent à son écoute qu'il est possible de faire un album live à la fois puissant et pur musicalement.
La section ryt
hmique des Wailers (barrett brothers) est mise en avant sur ce disque,
auquel Bob voulait absolument donner une tonalité rock, gu
itares en avant.


--On notera que divers films ont aussi été tou
rnés sur Bob Marley et les Wailers :

-Exodus
de Keith McMillan,
1977.
Le film montre les Wailers en concert au Rainbow Theater d
e Londres, en juin 1977.

-Heartland Reggae
d'Emmanuel Boon, 198
0.
Concert de Bob Marley lors de la visite d'Heile Selassie en Ja
maïque. On y voit aussi Peter Tosh et Burning Spear.

-Reggae Sun
splash
de Stefan Paul, 1980.
Enregistrement du mythique concert d
e Montego Bay, où se tenait le festival Sunsplash de 79, avec Bob Marley,
Peter Tosh, Burning Spear, Thrid World.


--Presque cha
que année, une nouvelle compilation regroupant les morceaux les plus connus ou encore les plus insolites de Bob Marley voit le jour.
Parmi elles, les cinq suivantes resteront.

-Legend

-Rebel m
usic

-Lively up yourself (4 Cd)

-Natural Mystic

-Natural mysti
c : the legend lives on

---Liens:
-
http://www.bobmarley.com/
-
http://www.bobmarley-foundation.com/
-
http://www.island40th.com/
-
http://www.reggae.com/
-
http://niceup.com/
-
http://www.reggaejams.com/
-
http://www.reggaering.org
http://www.equalityandjustice.fr
# Posté le samedi 12 août 2006 18:21
Modifié le dimanche 02 septembre 2007 06:37

Alpha Blondy

Alpha Blondy
--BIOGRAPHIE:
Prem
ier fils d'une famille de neuf enfants, Seydou Koné naît à Dimbokro en 1953. Elevé par sa grand-mère, le petit garçon connaît des années heureuses : portant le même prénom que le grand-père décédé, il est le « petit mari » de l'aïeule qui le cajole. Elevé parmi des femmes âgées, il en apprend notamment de nombreuses expressions dioula recherchées. Une règle importe et marquera l'enfant pour toute sa vie : il faut « parler droit », ne pas mentir, quelles que puissent en être les conséquences.

En 1962,
il retrouve sa mère à Korhogo ; celle-ci l'emmène à Odjenné où son mari travaille pour la Compagnie française de Côte d'Ivoire, la CFCI. Seydou Koné passe dix ans à Odjenné, où en 1972, il préside la section locale du Mouvement des élèves et étudiants de Côte d'Ivoire (MEECI). On l'appelle Elvis Blondy. La même année, il part suivre sa seconde au lycée normal de Korhogo. Elève inscrit à l'internat, l'adolescent forme un groupe avec ses copains Price (guitare), Pop Touré (batterie) et Diallo Salia (basse) : les Atomic Vibrations jouent en matinée les week-ends, pour les beaux yeux des jeunes filles du Couvent Sainte-Elisabeth voisin...
A force de sécher
les cours pour préparer les concerts, Seydou est, à la fin de l'année, renvoyé du lycée. Désireux d'apprendre l'anglais, il convainc sa mère (qui lui trouve 25000 F CFA) de le laisser partir, en auto-stop, pour le Liberia voisin.

En 1973, Seyd
ou Koné est à Monrovia. Il y reste treize mois, prenant des cours pour maîtriser la langue des Beatles et donnant des leçons de français. Mais le jeune homme veut aller plus loin. Il rentre en Côte d'Ivoire avec l'idée de partir aux Etats-Unis perfectionner son anglais, aller à l'université, faire de la musique et créer un groupe. A l'époque, il a en effet déjà écrit maintes chansons. «Come back Jesus», par exemple, a été écrite au Liberia (le titre sera publié en 1985 sur l'album «Apartheid is nazism»).

C'est en 1976 qu
e le rêve devient réalité : Blondy (c'est ainsi qu'il signe les lettres envoyées aux amis restés au pays, surnom qui existe depuis le collège à Odjenné) débarque à New York. Il s'inscrit dans une première école, la Geneva School of busines, où il suit pendant trois mois des leçons d'anglais commercial. Puis il use les bancs du Hunter College pour prendre des cours de langue accélérés et passer avec succès le test qui lui permet enfin de s'inscrire à l'American Language Program de Columbia University.
Pe
ndant deux ans, le jeune Ivoirien suit ce programme destiné aux étudiants étrangers. En même temps, souvent de nuit, forcément, il enchaîne les jobs alimentaires -il est notamment coursier, à 5 dollars le pli porté. A ce rythme, il tombe bientôt malade. Alors qu'un médecin lui conseille de se reposer, un ami ivoirien, Oullaï Joachim, lui suggère de venir le rejoindre à Waco, au Texas. Seydou arrête les cours et quitte New York, son climat qui peut être si froid et son rythme infernal.

A W
aco, le compatriote l'aide à trouver du travail : c'est l'usine de dindons Plantation Food, puis celle de poulets.
Ma
is les abattoirs, cela ne correspond pas si bien que ça au jeune homme qui, à New York, comme la plupart des Africains, évoluait dans les milieux carribéens et notamment jamaïcains : toute la période new-yorkaise a en effet été celle d'une approche de la philosophie rasta, illustrée par le concert donné par Burning Spear en 1976 à Central Park,
d
ont Alpha parle encore aujourd'hui comme d'une date majeure, et en quelque sorte, emblématique. Après les volailles, donc, le jeune Blondy trouve un job chez le plus grand distributeur de musiques chrétiennes du monde. Pour sa part, il continue d'écrire ses titres.

Une rencontre l
ui donne beaucoup d'espoir : celle du Jamaïcain Clive Hunt, qui lui présente The Sylvesters, un groupe formé par une famille de Dominicains qui joue régulièrement dans les petites salles de l'Etat de New York. Espérant enfin réussir, Blondy quitte le Texas et commence à se produire en première partie des Sylvesters. Il chante ses propres compositions, dont «Burn down the apartheid», «Bory Samory» (publié en 1984 sur « Cocody Rock ») ou «War», de Bob Marley, en français (publié en 1994 sur «Dieu»)...
Mais
le plus grand espoir du jeune homme repose sur les 8 chansons enregistrées, sous la houlette de Clive Hunt, au studio Eagle Sound à Brooklyn. A l'époque, Clive Hunt a déjà réalisé le 1er album des Abyssinians, travaillé avec Max Romeo et écrit une chanson (Milk and Honey) pour Dennis Brown. Le disque ne voit malheureusement jamais le jour : le réalisateur ayant des problèmes d'argent, il a, dit-on à Blondy, quitté New York pour Londres.

Déjà quat
re ans passés aux Etats-Unis, sans résultat vraiment palpable : en 1980, Blondy décide de rentrer en Côte d'Ivoire.
Peu g
lorieux, le retour est douloureux.
Le rêve américai
n a tourné au cauchemar.

De retour
à Abidjan, Blondy habite chez des amis. Il se met à répéter avec des musiciens ghanéens au ghetto d'Adjamé, au Bracody Bar. Désormais, il se fait appeler Alpha, qu'il a ajouté à Blondy en signe d'espoir d'une nouvelle vie, d'un commencement.

En 1981, Roger
Fulgence Kassy lui propose de passer dans l'émission qu'il présente à la télévision ivoirienne (la RTI), «Première chance». Les deux hommes se connaissent de longue date.
Ad
olescents, ils se retrouvaient en effet à Abidjan pendant les grandes vacances, au quartier Ebrié, chacun chez son oncle (les deux oncles travaillaient à la Présidence) ; ils ont passé le BEPC la même année.
Avant le départ au Liberia, en 1973, c'est d'ailleurs ensemble qu'ils se présentent au concours d'entrée à la RTI. Fulgence réussit, et entre au studio-école de la télévision ivoirienne. Quand Blondy revient des Etats-Unis, Fulgence fait partie de l'équipe du studio 302, dirigée par Georges Benson. En 1981 donc, Ful, comme l'appelle Alpha, lui propose «Première chance». Pour le chanteur qui a bientôt trente ans, c'est plutôt la dernière chance...
Il interprète quatre chansons : «Christopher Colombus» de Burning Spear, et trois de ses compositions, «Bintou were were», «Dounougnan» et «The end». «Tu verras, demain, ta vie va changer», avait prévenu Fulgence. Effectivement. Devant l'engouement suscité par le passage à la télévision, Georges Benson propose au chanteur de produire son premier album.
Ce sera «
Jah Glory», qui sort fin 1982 début 1983. C'est, au grand regret de Seydou Koné, malheureusement trop tard pour faire partager sa joie à sa grand-mère chérie. Sur l'album, un titre que Benson hésite à mettre : «Brigadier sabari». La chanson (dont l'intitulé peut se traduire par la supplication «Brigadier, pitié!») dénonce les violences dont la police est coutumière. Le titre fait un tabac en Côte d'Ivoire et dans toute la région.
Il accompagne ju
squ'à aujourd'hui la riche carrière d'Alpha Blondy,
qui compte plus de quinze albums et un nombre incalculable de concerts.
Avec son groupe
le Solar System, l'artiste se produit en effet aux quatre coins de la planète, portant haut les couleurs de l'Afrique et de son pays,
la
Côte d'Ivoire

--
DISCOGRAPHIE
- JA
H GLORY Sortie africaine 1982
Sorti
e française 1983 sous le nom de RASTA POUE
- COCODY
ROCK ! ! ! 1984 Koné Seydou dit Alpha Blondy
- APAR
THEID IS NAZISM 1985 EMI France
- J
ERUSALEM 1986 Pathé Marconi
enregis
tré au studio Tuff Gong, Kingston, Jamaïque avc les Wailers
- REVOLUT
ION 1987 EMI Pathé Marconi
- THE PR
OPHETS 1989 Pathé Marconi
- MASADA
1992 Alpha Blondy^
- SOS GUERRES TR
IBALES 1993 Alpha Blondy / J.I.P.
- LIVE AU ZENITH (PARIS) 1993 Dodo Kone
Enregistré le
27 octobre 1992
- DIEU 1994 Alpha Blondy Solar System productions
-
GRAND BASSAM ZION ROCK 1996 Alpha Blondy Solar System Productions
- BE
ST OF 1997
- YIT
ZHAK RABIN 1998 Alpha Blondy productions / Une Musique
- ELOHIM 1999 A
lpha Bl